#metoo


Depuis quelques heures/jours, le hashtag #metoo est devenu viral sur les réseaux sociaux. Suscitant des avis très opposés, allant de l'empathie, du soutien à l'incompréhension ou encore la négation. J'ai voulu en faire un article car il me semble important d'évoquer ce combat mais surtout de prendre parti pour une cause qui me concerne mais qui devrait également concerner tout le monde. L'article qui va suivre est un billet d'humeur, il n'engage que moi et mes convictions/positions. Libre à vous de ne pas être d'accord. Après tout, le débat fait souvent - je crois - évoluer les esprits. Et si vous deviez partager mon avis, je vous kiff déjà <3
Pour cet article un peu spécial, j'ai décidé d'aborder plusieurs points qui me semblent essentiels à l'explication du phénomène et par conséquent à sa compréhension. Je n'ai pas pour but de faire changer d'avis les "opposants" mais juste de leur faire entrevoir ce qui se déroule depuis maintenant trop d'années. Surtout, parce que ça fait des années que je crie "Fuck that shit mothafucka", il était temps de poser mes pensées ici. Mais d'abord, je vous pose le contexte du #metoo en méga résumé.
#metoo c'est un hashtag qui expose les femmes qui sont ou ont été victimes de harcèlement, d'agressions sexuelles quant à leur condition féminine (c'est à dire, juste parce que ce sont des femmes...). Ces femmes ont décidé de s'exposer afin de mettre en lumière à la face du monde et de l'univers par le biais des Internets, une situation qu'il n'est plus possible de supporter. J'ai lu certains avis, certains articles s'interrogeant sur l'utilité de parler (puisque apparemment personne n'écoute depuis des lustres) et sur l'exposition à nouveau de la femme qui est déjà victime. Ce qui est vrai, pourquoi est-ce toujours à la victime d'entreprendre des démarches pour être reconnue alors qu'on devrait reconnaître l'agresseur/le criminel. J'y reviendrais. Maintenant, vous devriez voir de quoi il s'agit. Allons-y point par point.
La peur
Imaginez-vous, ceux - hommes et femmes - à qui cela n'est jamais arrivé. Imaginez-vous vivre QUOTIDIENNEMENT (c'est à dire TOUS les jours, oui j'insiste parce qu'on dirait que ce n'est pas assez clair) dans la peur. Vous sortez de chez vous et c'est l'angoisse, la peur vous prend au cœur. Oui, parce que dans la rue, une femme est à la merci du Monde. Il faut marcher en se méfiant, parfois la peur est telle que nous baissons le regard. Injustement. Puis dans les transports, souvent trop bondés (mais cela n'est pas une excuse) où un homme se permettra un geste déplacé. Un crime. Il s'agit d'un crime lorsqu'un homme touche une femme sans son consentement. Son habillement n'est JAMAIS un consentement. Ensuite elle sortira de son bus/train/métro pour aller au travail. Elle aura affaire à une hiérarchie principalement masculine. Ses collègues également en grande partie masculins. Elle aura droit à une remarque, un regard, un geste. A NOUVEAU. Bien souvent - trop souvent - elle aura peur d'en parler, de ce rapport de force qu'exercera cet homme sur elle. Elle retournera chez elle dans la peur en faisant le même chemin. Et parfois, dans certaines relations de couples (pas forcément abusive au quotidien), elle sera à nouveau confrontée à la peur que son ami/mari/copain ne la viole. Je vais peut-être vous l'apprendre mais un rapport sexuel non consenti même au sein d'un couple, cela s'appelle un VIOL. Alors la peur, elle commence à nous monter dans les tempes.
Illustration de Diglee

Le rapport à la Femme
On vit dans une société patriarcale. Cela veut dire que l'homme décide/commande/choisit et prend tous les droits sur la femme, forcément. Alors vous allez me dire que depuis des années "quand même c'est plus comme à l'époque, les femmes ont des droits..." BLABLABLA ! Je remercie nos grand-mères et nos mères (parfois même nos pères ont aidé) d'avoir fait bouger les choses. Mais ce n'était que le commencement. Je pense qu'il y a eu comme un essoufflement après que la femme ait obtenu par exemple le droit de vote, l'accès à la contraception etc... On a voulu nous faire croire que c'était suffisant pour nos petites personnes. Pourtant, chaque année, dans un pays industrialisé, le droit à l'avortement est remis en question, l'assurance pour des soins médicaux spécifique aux femmes est remis en question, et quotidiennement nos avis sont remis en question. Majoritairement par des hommes qui ne sont pas DIRECTEMENT concernés par ces problématiques. Cette société patriarcale, elle est en vigueur depuis des millénaires, comme si on n'avait vécu que ça. En cause, les religions (je n'en exclu aucune et n'en préfère aucune) qui réduisent la Femme à un objet détenu/dirigé par les hommes. D'après les religions, la Femme est un péché, une faute, un poison et plus encore. Le mariage également a pour but premier d'attribuer une femme à un homme. Ce n'est pas un acte d'amour, un lien renforcé. On veut nous faire croire que cela nous donnera plus d'importance aux yeux du monde, il n'en est rien. A quel moment une femme non mariée aurait-elle moins de valeur aux yeux de la société ? On met encore la pression à ces femmes de plus de 25 ans, qui auraient choisi/décidé elles-mêmes (ou pas) de ne pas suivre ce diktat. C'est une honte en 2017 !
Violences et injustices
Chaque jour, il y a plus de 685 femmes violées dans le Monde. Ce ne sont que les crimes déclarés. Vous vous rendez compte ? La Femme subit des violences autant physiques que morales. Une gifle, un coup, une parole dénigrante, une insulte, un crachat, de la violence psychologique.
Pour moi, la plus grande injustice c'est quand elles ne sont pas reconnues, qu'on ne croit pas la parole de la Femme, qu'on la mette en doute systématiquement, qu'on ne lui accorde pas la même valeur que celle d'un homme.
Et l'agresseur ?
On est perpétuellement confronté dans les médias à des phrases telle que "Une femme s'est faite violée par un homme" ou "Une femme victime de viol". Une femme ne se fait PAS violer. Ce n'est pas son désir. Un homme la viole. La responsabilité est de la part de l'agresseur. Il est important que les médias (source d'information) relaient les faits correctement, cela aidera la société à changer sa vision. On parle beaucoup trop de la victime, en la mettant en lumière, alors qu'elle subit déjà un grand désarroi dû au drame qu'elle vient de vivre. Il est NECESSAIRE de parler à présent de l'agresseur. Du criminel. Car c'est un CRIME d'abuser d'une Femme. S'il y a une victime c'est tout d'abord parce qu'il y a un agresseur.

Illustration de Tania Herself

En parler ou pas ?
Est-il utile de parler d'une situation ou situation de violence ? Les avis divergent. Certains sont d'avis qu'il est absolument stérile de mettre en avant ces situations puisque de toute façon, on ne nous écoute pas. Puis il y a ceux à qui ça dérange. Parce que c'est pas très cool de devoir faire face à la violence. On ne dénombre plus les cas où des témoins de violence se taisent, par peur ou par mépris. Je suis de celles qui croit au changement, sinon à quoi bon. Je suis de celles qui croit au pouvoir des mots et au pouvoir de l'amour/empathie. Il est indiscutablement important de porter à la lumière des agissements violents/abusifs afin qu'ils ne se reproduisent plus. Pour preuve, par le passé, cela a été démontré maintes et maintes fois que la communication, la parole ont permis de mettre fin à des mauvais agissements. Je crois aussi fermement que nous avons la chance de vivre dans un pays/zone ayant une Justice et donnant droits à ces habitants de la demander. Je crois que le silence est une forme de participation à la violence, une forme d'accord. Etre témoin et ne rien dire, ne pas intervenir, c'est commettre soi-même une violence de plus. Je comprends néanmoins que les victimes n'aient pas envie de subir à nouveau, lors de leur récit, ce qu'elles ont enduré. Je comprends que les victimes se sentent abandonnées. Si on cherche aujourd'hui l'égalité et de faire reconnaître le droit des femmes, ce n'est pas non plus pour forcer celles qui ne voudraient pas parler. Il n'y a aucune obligation, chacune est libre de ses propres choix mais il faut aussi comprendre que prendre la décision de parler, de dénoncer, c'est un exutoire et peut-être le seul moyen de faire avancer les choses et de protéger les femmes face à de nombreux agresseurs potentiels... Je comprends que les victimes n'aient pas les moyens financiers d'aller dénoncer leur agresseur en Justice. Ce à quoi je réponds, il est important d'en parler pour soi. Je sais que le fait d'avoir quelqu'un qui m'a écouté lors de moment de détresse m'a beaucoup aidée à surmonter les violences. Mais principalement, il est important de parler afin de casser ce silence qui donne raison aux agresseurs.
Ce que la société attend des femmes
Je suis fatiguée. Fatiguée de devoir me plier aux exigences de cette société dirigée par des hommes. Ces hommes qui veulent qu'on sourient en tout temps. Pourquoi devrait-on sourire continuellement pour faire plaisir aux autres ? Ces hommes qui veulent se sentir plus importants que nous. Ces hommes qui veulent que notre parole/avis/vision ne soient pas pris en compte. Ces hommes qui veulent qu'on leur dise "oui" tout le temps. Ces hommes qui veulent qu'on ressemble physiquement à leur vision de la femme. Ces hommes qui veulent prendre le droit de nos utérus.

Extrait du documentaire sur Lady Gaga "Five Foot Two" / Netflix

Le féminisme
Le féminisme, c'est pas que pour les femmes. C'est un mouvement qui a pour but initialement d'élever la femme au même rang que l'homme. Pas de réduire l'homme. Pourtant, comme dans toute idéologie/mouvement, il existe une dérive extrémiste. Je ne suis pas de celles-ci. Malgré ce que les Femmes vivent/endurent, je crois en l'homme et en pense que nous pouvons arriver à un équilibre mutuel. Je ne suis pas là pour vous embarquer dans un mouvement politique/idéologique alors je ne vous donnerais pas de définition complète du féminisme (puisqu'il n'en existe pas qu'un). Mais voici comment je le vois (voir photo).
Extrait de "The little book of feminism" par Harriet Dyer / Editions Summersdale

Comment entreprendre un changement ?
Il est primordial de commencer par nous respecter les uns les autres. Puis, cela me paraît une évidence, les nouvelles générations sont ces petites graines que l'on plante et qui donneront une belle récolte. Pour cela, il est important de les nourrir avec de belles idées, de beaux principes, de belles convictions. J'aimerais que les petites filles aient la même éducation que les petits garçons. Et vice versa. On ne devrait pas apprendre aux filles à se méfier des garçons. On ne devrait pas apprendre aux garçons qu'ils sont plus forts que les filles. Filles et garçons doivent avoir les mêmes repères, les mêmes buts, les mêmes opportunités, les mêmes promesses, etc... Il n'y a personne qui est meilleur qu'un autre.
Photo: Premme US

Je conclurai assez simplement, en vous donnant un message de fatigue quant à la place de la Femme mais aussi en mettant en avant le res-paix, l'optimisme d'un monde meilleur, l'amour et la compréhension. Vous êtes prêts à unir nos forces pour un changement positif vers une meilleure cohabitation ? <3
XOXO, Angela

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